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Une enfant handicapée de deux ans exclue d’une crèche

Une enfant handicapée de deux ans exclue d’une crèche

 

Après trois semaines de séjour en crèche, Loujaine, qui souffre d’un grain de beauté qui couvre une partie de son corps, a été exclue. Ses parents ont porté plainte contre X pour discrimination.

 

Jean-Marc Ducos | Publié le 25.12.2011, 07h10

Montrouge (Hauts-de-Seine), le 24 décembre. Les parents de Loujaine (au centre) ont porté plainte contre X pour discrimination.

Montrouge (Hauts-de-Seine), le 24 décembre. Les parents de Loujaine (au centre) ont porté plainte contre X pour discrimination. | (LP/PHILIPPE DE POULPIQUET.)

 

Loujaine, 2 ans et demi, devrait être, comme les enfants de son âge, accueillie dans une crèche en attendant d’entrer à la maternelle. Mais cette petite fille a été exclue de la crèche municipale Convention à (XVe) en novembre 2010, comme l’explique sa mère, Hanane Douibi. La petite Loujaine souffre d’un handicap, une anomalie dermatologique, un grain de beauté géant qui recouvre la majeure partie de son corps.

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« Une maladie congénitale non contagieuse », dit sa mère qui a déposé plainte le 23 décembre contre X pour discrimination auprès du procureur de .

« Après trois semaines de séjour dans la crèche, on m’a fait comprendre que ma fille n’était pas la bienvenue au sein de l’établissement au prétexte que Loujaine me réclamait sans cesse », déclare la mère. « La décision d’exclusion n’est pas fondée sur un refus explicite mais plutôt sur les conseils appuyés de la direction et des médecins en charge de la petite enfance. On a essayé de me culpabiliser », raconte Hanane, qui a dû mettre entre parenthèses son activité professionnelle pour se consacrer à la garde de Loujaine. « C’est vrai que le regard des autres sur Loujaine est difficile. Mais cette maladie ne se transmet pas. C’est une enfant comme les autres. Cette attitude est discriminatoire », insiste la maman qui met en avant, documents en main, les avis des médecins traitant sa fille qui souhaitent « privilégier une intégration au milieu d’autres enfants pour favoriser son insertion ». Mais la crèche Convention est restée sourde à cette demande.

«Ma fille, comme tant d’autres enfants handicapés, ne mérite pas cette exclusion»

« Un combat difficile et douloureux pour cette mère qui demande l’intégration d’une enfant handicapée », décrypte Me Gilles-Jean Portejoie, l’avocat de la mère, « outré par l’attitude de la crèche qui remplit une mission de service public » et qui n’a « fourni aucune explication crédible à ce refus ». « Il n’est pas question d’accepter ce comportement discriminatoire comme une fatalité », poursuit l’avocat.

« Moralement c’est difficile à vivre, mais ma fille, comme tant d’autres enfants handicapés, ne mérite pas cette exclusion », lance la maman, qui veut obtenir réparation. Contactée, la mairie du XVe arrondissement de assure ne pas être concernée et renvoie la responsabilité aux médecins de la protection maternelle qui, sollicités, n’ont pas répondu à nos appels.

Audio. Les parents portent plainte

 

Le Parisien

Intouchables 7,3 millions d'entrées

Le tiercé de tête de la culture en 2011

 

Selon un sondage BVA réalisé pour la Fnac, le film « Intouchables » arrive en tête des événements culturels marquants de 2011, devant « The Artist » et « Harry Potter ».

 

Hubert Lizé | Publié le 23.12.2011, 09h49

52 % des personnes interrogées plébiscitent «INTOUCHABLES ». 24%des sondés ont voté pour « THE ARTIST ». 22%des gens ont choisi « HARRY POTTER. »

52 % des personnes interrogées plébiscitent «INTOUCHABLES ». 24%des sondés ont voté pour « THE ARTIST ». 22%des gens ont choisi « HARRY POTTER. » | (DR.)

 

Les « Intouchables » ont tué le match, comme on dit en d’une équipe trop forte pour ses adversaires. Selon l’enquête réalisée pour la Fnac par l’Institut BVA dont nous publions les résultats aujourd’hui, le -phénomène de Nakache et Toledano avec Omar Sy et François Cluzet constitue, pour 52% des personnes interrogées, l’événement culturel le plus marquant de l’année 2011.

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Il faut dire qu’avec près de 15 millions d’entrées à son actif (ce chiffre sera atteint ce week-end) cette comédie s’est d’ores et déjà hissée dans le top10 des films les plus vus en depuis 1945, entre « Avatar » et « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ». L’enquête de la Fnac confirme que le cinéma constitue le divertissement culturel le plus prisé des Français : en deuxième place (24% des suffrages), les sondés citent le succès surprise du long-métrage muet et en noir et blanc « The Artist », avec Jean Dujardin, dont les chances de décrocher un Oscar du meilleur acteur à Hollywood sont réelles. Et la troisième place sur le podium (22 %) revient à la fin de la saga « Harry Potter » sur grand écran, un succès sur le long terme que les chiffres de ventes de DVD à la Fnac attestent : le dernier épisode des aventures du jeune sorcier « Harry Potter et les Reliques de la mort » 2, sera le meilleur score de ventes de DVD de tous les temps.
Deux événements musicaux tirent leur épingle du jeu derrière l’actualité cinématographique : la mort de la chanteuse Amy Winehouse (20% des réponses), et le succès inattendu de Nolwenn Leroy avec son disque de chansons armoricaines « Bretonne » (19%). On trouve aussi la révélation Adele et les adieux d’Eddy Mitchell dans les dix faits culturels majeurs de 2011. La star nationale Johnny Hallyday n’arrive qu’au 7e rang pour ses débuts au théâtre.

Prise en charge de la douleur

Martin Winckler : « Depuis Montréal, la France a 40 ans de retard »

16-12-2011
Martin WincklerMartin Winckler est médecin, écrivain (il est l’auteur de La maladie de Sachs), et vit à Montréal. À travers ses livres, son blog et ses recherches, il distribue les coups de griffes à ses chers confrères trop arrogants et dispense sa chaleureuse affection aux autres. Nous l’avons rencontré. Extraits.

« Depuis Montréal, j’ai pu constater que la France a quarante ans de retard sur l’accompagnement de la souffrance. Ce n’est pas la première fois. On a mis des dizaines d’années, dans les hôpitaux français, à accepter d’administrer de la morphine pour soigner la douleur, y compris aux cancéreux, alors que toutes les études montraient que c’était sans risque de dépendance et que les hôpitaux anglo-saxons le faisaient couramment.


Pour la souffrance morale, c’est la même histoire qui se reproduit. On laisse les gens se débrouiller seuls, on s’organise même pour ne jamais être obligé de leur parler, alors qu’un accompagnement bien mené pourrait alléger le fardeau des familles. Au Canada, lorsqu’un enfant handicapé est pris en charge par un hôpital, il est évident que l’on s’occupera aussi de la famille.

Tout n’est pas parfait, bien sûr, car il manque aussi structurellement des soignants, mais l’attitude est différente, il y a un respect absolu du choix éclairé des patients. Lorsqu’un choix important se dessine pour un enfant (effectuer ou non telle intervention, continuer ou non telle rééducation), les médecins prennent le temps d’expliquer les options, jusqu’à ce que la famille ait compris et décide en connaissance de cause. Les patients et leur famille sont simplement considérés comme des individus autonomes, et les médecins mettent leur pouvoir en veilleuse ! Évidemment, les familles en France ne vont pas attendre en souffrant que cela change ! »

Philippe Croizon : Personnalité de l’année 2011 ?

Philippe Croizon : Personnalité de l’année 2011 ?

 

Du 15 décembre au 02 janvier 2012 vous pouvez voter pour élire votre personnalité de l’année 2011.

Omar Sy, Jean Dujardin, David Guetta ou encore Stéphane Hessel sont nominés.

Et parmi eux se trouve Philippe Croizon un handicapé sans bras ni jambes qui avait traversé la Manche à la nage pour relier la Grande Bretagne en 2010.

Philippe Croizon n’est d’ailleurs pas à court d’idées puisqu’il souhaite s’imposer un nouveau défi dès 2012. En effet, il prévoit de traverser le Pacifique à la nage et pour cela il a besoin de fonds, un appel à contribution est d’ores et déjà lancé. Avis aux donateurs … Départ prévu en mai 2012 !

Afin de voter pour Philippe Croizon – qui vient de recevoir la légion d’honneur des mains du président de la République – rendez vous sur le site de RTL ou du Parisien

Le trapéziste tétraplégique Fabrice Champion est mort

Le trapéziste tétraplégique Fabrice Champion est mort

Arts Sauts, trapéziste devenu tétraplégique

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"Mourrez-vous d'être vivant ?" Le sous-titre du spectacle Totem de cirque, mis en scène par le trapéziste Fabrice Champion en 2010 pour dix-sept jeunes élèves de l'Ecole nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois (Enacr), en Seine-Saint-Denis, sonne comme une terrible étrangeté.


Tétraplégique depuis 2004, à la suite d'un accident de trapèze, cette star des Arts Sauts, troupe de cirque aérien la plus connue dans le monde qu'il avait fondée avec un groupe d'amis en 1993, avait repris le chemin de la piste sur son fauteuil roulant. Celui qui évoquait l'envol du trapèze comme "un cadeau, celui de s'envoyer en l'air avec une maîtrise de soi, une prise de risque et un rapport au corps fantastique" est mort dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 novembre, au Pérou, lors d'une cérémonie chamanique. Il avait 39 ans.

Bouddhiste, Fabrice Champion rêvait de chamanisme depuis sa jeunesse. Il était parti seul au Pérou. Quatorze heures d'avion d'abord, un trajet en hélicoptère, puis en pirogue pour une semaine d'initiation aux médecines traditionnelles amazoniennes. Son indépendance et son désir d'expérience tordaient le cou à tous les obstacles. Après avoir avalé les plantes destinées à la cérémonie, il a été retrouvé mort le lendemain matin.

En résidence de travail au Cent Quatre, à Paris, Fabrice Champion répétait depuis un an un nouveau spectacle intitulé Nos Limites avec deux jeunes acrobates-danseurs Matias Pilet et Alexandre Fournier rencontrés à l'Enacr. Avec eux, il avait inventé la "tétradanse", autrement dit la danse en mode tétraplégique. La création était prévue pour février 2012.

Dans le film Acrobat réalisé en 2011 par Olivier Meyrou, qui a suivi sa féroce rééducation et son travail depuis six ans, la vision de Fabrice Champion sur son fauteuil roulant pris d'assaut par ses deux complices avant de tenter des acrobaties par terre avec eux, est juste sidérante de beauté et d'émotion. Il confiait "que s'il pouvait choisir aujourd'hui entre marcher de nouveau et avoir plus confiance en lui", il préférait la seconde option. "Pour avoir plus confiance dans mes intuitions, ma force, quoique j'aie à offrir", précisait-il.

Comme de nombreux artistes de cirque, Fabrice Champion s'est retrouvé enfant à l'école de la piste pour dompter une énergie débordante. Celui qui passait son temps à nager et à sauter dans les arbres a 8 ans lorsqu'il déboule pour la première fois sous un chapiteau à Grenoble.

Huit ans plus tard, il réussit le concours d'entrée au Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne (CNAC). Il choisit sa spécialité : voltigeur au trapèze. Et le voilà, dès sa sortie de l'école, en 1992, à performer dans la rue sur un camion-trapèze avec ses amis Côme Doerflinger, Jean-Antoine Véran et Germain Guillemot, copain d'enfance qui sera son partenaire-porteur pendant toute sa carrière. Fabrice Champion a 20 ans.

Un an plus tard, avec Stéphane Ricordel, également trapéziste, la petite bande, à laquelle se joindront Franck Michel et Laurence de Magalhaes, monte une troupe qui deviendra Les Arts Sauts. "Nous rêvions au départ d'installer des arceaux au-dessus de rivières, comme par exemple les gorges du Verdon, pour faire du trapèze au-dessus", se souvient Ricordel, aujourd'hui codirecteur du Monfort avec Laurence de Magalhaes depuis 2009. "Autrement dit, se retrouver tout de même à 50 mètres de hauteur. D'où le nom de la compagnie."

Le succès mondial des Arts Sauts, de 1993 à 2007, date à laquelle la troupe composée d'une vingtaine de trapézistes décide par vote collectif de mettre fin à son aventure, s'est bâti sur des spectacles uniquement composés à partir du trapèze. Avec le temps, les scénographies se complexifient pour faire surgir des partitions d'hommes volants aux trajets millimétrés explosant dans des nuages de talc sous le regard de spectateurs installés sur des chaises longues.

Du trapèze volant, "un art passionnel", selon Stéphane Ricordel, dans lequel "si on ne se regarde pas dans les yeux, si on ne s'aime pas, ne se respecte pas, rien n'est possible", Fabrice Champion évoquait une discipline "qui offre un espace immense, en longueur, comme en hauteur". "C'était un grand trapéziste, un vrai voltigeur, casse-cou et capable de prendre beaucoup de risques, poursuit Ricordel. Il trouvait même le moyen de nous parler pendant le numéro, pour nous donner des indications, nous préciser qu'on l'avait mal rattrapé et il avait en général toujours raison. Il avait surtout l'aura d'un soliste. On ne voyait que lui, même au milieu de la foule."

Les Arts Sauts, Fabrice Champion les avait quittés deux fois en raison d'un rythme de tournée trop épuisant qui ne lui laissait pas "le temps de se ressourcer". Il y était retourné en 2003 pour le dernier spectacle de la compagnie en "Ola Kala" ("Tout va bien" en grec). "Il me racontait combien il avait toujours peur avant les spectacles et passait sa journée à dompter cette peur jusqu'au moment de la représentation, raconte Olivier Meyrou. Mais lorsqu'il était en haut, c'était merveilleux. Jusqu'au lendemain matin."

C'est lors des répétitions que l'accident est arrivé. "J'avais un nouveau partenaire dans un numéro de trapèze en croix très difficile, racontait Fabrice Champion en 2010. Je le surveillais du coin de l'oeil pour vérifier que tout était OK et puis j'ai décidé que c'était bon."

Après son accident - il percute en plein vol son partenaire - qu'il évoquait avec la pudeur et la précision de celui qui a repassé en boucle l'événement, il se comparait simplement "à un guerrier qui a chuté sur le champ de bataille mais s'est bien battu". Avec ses amis des Arts Sauts, Fabrice Champion avait rêvé un jour d'accrocher des trapèzes à un zeppelin pour un spectacle plein ciel vu par des spectateurs installés dans quatre zeppelins spécialement aménagés.

Rosita Boisseau

Fin du ghetto?

PARIS, 9 déc 2011 (AFP) -
Dans "Intouchables", Omar Sy joue assume le rôle du candide qui pose à Philippe-François Cluzet les questions que le spectateur n'oserait pas formuler, notamment sur l'intimité.
Fabien Marsaud, le slameur de "Grand Corps malade" qui fut sportif de haut niveau avant un plongeon malheureux à 20 ans qui l'a laissé un an en fauteuil roulant, privé de l'usage de ses quatre membres, salue d'ailleurs "une autre manière de raconter le handicap".
"Omar (Sy) arrive avec sa naïveté, sa fraîcheur et demande: comment tu fais pour le sexe, comment ça se passe... ça reste tabou, ça fait un peu peur, on n'ose pas", déclarait-il cette semaine sur Europe 1.
Pour Philippe, le grand frisson passe par les oreilles, son ultime zone érogène.

Dans "Hasta la Vista" qui sortira en mars en France, le réalisateur belge Geoffrey Enthoven va plus loin, avec trois protagonistes ados: travaillés par la chose comme on l'est à cet âge, ils sont déterminés à rendre visite aux dames d'un établissement "spécialement pour nous", comme l'explique l'un d'eux, en Espagne sur la Costa Brava.
L'un est tétraplégique (comme Cluzet dans "Intouchables"), un autre a perdu l'usage de ses jambes et le troisième est aveugle - élevé, de surcroît, par sa mère dans un face-à-face étouffant.

Ce petit OVNI dans le monde du politiquement correct, à la fois précis dans ce qu'il nomme, délicat et hilarant, a remporté cet automne le Grand Prix des Amériques au festival de Montréal - où Claude Lelouch l'a découvert et a décidé de le distribuer en France.

Boy's band

L'histoire de ce film ressemble à celle d'"Intouchables": comme le tandem Nakache-Toledano, le réalisateur Geoffrey Enthoven aussi est tombé sur un documentaire, "One Night only" (BBC), racontant "l'expédition d'un type en fauteuil dans un bordel pour chaises roulantes en Espagne", explique-t-il à l'AFP.
Sauf que dans le doc, les parents sont là, tandis que dans son film, les trois jeunes aventuriers montent leur coup en douce avec leurs économies, embauchant une assistante expérimentée qui leur sert aussi de chauffeur.
"Je me suis concentré sur les points communs, pas sur les différences" entre valides et handicapés, explique Geoffrey Enthoven. Son but est de "nous faire participer au voyage" de ce trio qu'il filme comme un boy's band, "cool et rock'n roll", insiste-t-il.

Depuis mi-novembre pendant 4 semaines, France 2 s'est aussi mise à l'air du temps en diffusant chaque midi, avec un réel succès d'audience pour cette tranche (13%), la mini-série "Vestiaires": 2 minutes quotidiennes dans les coulisses du handisport entre des nageurs qui parlent d'eux, de leur allure, des filles et de leurs performances.
Chaque épisode (25 en tout) se clôt sur un gag muet, comme une virgule d'humour noir, telle cette naïade qui plonge - tandis que sa prothèse reste sur le tremplin.

Les deux auteurs quadragénaires, Adda Abdelli et Fabrice Chanut, sont eux-mêmes handicapés et ont enrôlé d'autres membres de leur club pour parler d'eux en parlant aussi d'autre chose.
Autant de travaux, comme le disait à l'AFP Charles Gardou, anthropologue de l'université de Lyon II, à propos de "Intouchables", qui ont la vertu de "replacer le handicap dans l'ordinaire de la vie humaine" en posant "avec courage et intelligence la question de l'intime, de ce qui nous humanise, aimer et être aimé".

Parents d'un handicapé, le succès d'“Intouchables” nous inquiète

Tribune 26/11/2011 à 17h28

« Parents d'un handicapé, le succès d'“Intouchables” nous inquiète »

 


 
 

Pour ce couple à la recherche d'un centre pour leur fils polyhandicapé, l'Etat peut profiter de l'engouement du public pour mieux livrer les familles à elles-mêmes.

Nous, parents d'un jeune homme polyhandicapé et sourd, avons obtenu, il y a quelques jours, une audience auprès d'un membre du cabinet de Monsieur Dominique Baudis, Défenseur des droits.

Nous étions reçus suite à un courrier que nous avions envoyé dénonçant le manque de structure d'accueil pour les jeunes polyhandicapés sourds, mais aussi le manque d'accompagnement des familles.

Après un entretien d'une heure et quart, nous avons compris que nous n'avions rien à faire là, que des droits, nous n'en avions pas.

En effet, la démonstration a été faite sous nos yeux d'un désengagement assumé et volontaire de l'Etat sur les questions du handicap. Voici ce que nous avons entendu : que nous étions seuls responsables – voire coupable – de ce jeune homme handicapé.

Nous avons entendu que dans les années 80, les mères des handicapés ne travaillaient pas et montaient les structures d'accueil nécessaires car, à cette époque, les parents étaient plus entreprenants. Ce qui était sous-entendu, c'est que nous ne faisons rien, et que nous attendons tout des autres (voire de l'Etat).

La langue des signes moins pratiquée

 

Certes, cela ne nous a pas vraiment étonnés. Depuis deux ans, nous cherchons un lieu d'accueil susceptible de recevoir notre fils. Il n'y a aucune place nulle part (et, en plus, la langue des signes est rarement pratiquée dans les centres de jour pour polyhandicapés).

Depuis deux ans, nous sommes témoins du désengagement progressif de l'Etat et d'un désintérêt de tous les politiques pour la question. Les crédits disparaissent ou, mieux, sont transférés vers des causes plus lucratives que le handicap : la vieillesse ou la maladie d'Alzheimer.

D'ailleurs, à l'occasion de la primaire socialiste, nous avons adressé un courrier à tous les candidats et à des dizaines de députés de gauche comme de droite... Ce courrier n'a reçu aucune réponse.

A la fin de l'entretien, et alors que nous allions partir, notre interlocutrice nous a tendu un article du quotidien Aujourd'hui sur le succès du film « Intouchables ». C'est sur cela que nous nous sommes quittés.

 

Ce film est un merveilleux filtre de la réalité

 

L'engouement pour ce film, qui sert même de modèle dans les plus hautes sphères de l'Etat, pose quelques questions que nous voudrions aborder ici.

Pourquoi ce film a-t-il autant de succès ? Avançons quelques hypothèses.

Tout d'abord le film raconte l'histoire d'un homme riche, travaillant dans le luxe, qui se retrouve arrêté dans sa course et paraplégique. Le public adore. Il peut s'identifier, se dire que cela peut arriver à tout le monde...

Inutile de vous dire que jamais ce film n'aurait pas eu autant de succès si l'handicapé l'avait été de naissance (ça, ça n'arrive qu'aux autres).

Ensuite il est riche, donc il peut se payer l'aidant qu'il veut, celui qui le fera vibrer et lui permettra toutes les folies dont il rêve. Là aussi, sa richesse plaît, elle soulage. Car, qui voudrait voir ou savoir que les handicapés sont, dans la réalité, maintenus en dessous du seuil de pauvreté ?

Pour conclure, il nous semble, sans pour autant nier le plaisir que certains peuvent y prendre, que ce film est un merveilleux filtre de la réalité. Une ode aux « soignants-naturels » que l'Etat rêve de voir proliférer pour mieux se désengager. Un filtre qui donne bonne conscience et qui permet au spectateur de ne pas voir ce qui se trame en coulisse.

Car, même si le film raconte une partie d'une histoire vraie (j'imagine que cet homme a souffert, même si cela n'est guère montré) la réalité d'un très grand nombre de personnes handicapées est tout autre : précarisation, absence de structure d'accueil, isolation, dépression.

Le monde en face

Sur France 5
Mardi 29 novembre 2011 à 20.35 (Inédit)

Le Monde en face

Destins de famille, face à la maladie d'un enfant

Documentaire

La guerre est déclarée

Sans tabou, les parents de Mathis, Alice, Cheyenne, Benjamin, Romain, Clément et les autres parlent de tout, même du pire. De la difficulté à affronter les regards extérieurs, de l’inquiétude qui les ronge, des tentations de jeter l’éponge, mais aussi du jour où la maladie sera la plus forte.
Récemment, l’actrice et cinéaste Valérie Donzelli transcendait son expérience de mère et la maladie de son fils dans un film remarquable, La guerre est déclarée. En restant fidèle à l’approche documentaire qui a fait sa réputation, Nils Tavernier signe un film aussi fort et tout en délicatesse, avec le même leitmotiv : le combat. Les jeunes malades et leurs familles livrent en effet une bataille de chaque instant. Leur guerre est déclarée parce que la vie, elle, court toujours.

Stéphanie Thonne

Troubles du sommeil et handicap

Troubles du sommeil et handicap - Réseau Lucioles

Ce document, élaboré à partir d’un état des lieux réalisé auprès des familles et des médecins, a été enrichi des connaissances et conseils de professionnels du sommeil et/ou du handicap, tout en laissant la part belle aux témoignages de parents d’enfants handicapés. On trouvera dans ce dossier : des informations générales sur le sommeil de l’enfant, des informations sur les particularités et les troubles du sommeil chez l’enfant en situation de handicap : les insomnies , les parasomnies, les hypersomnies. Des conseils précis, tout au long des chapitres, pour améliorer le sommeil des enfants en situation de handicap, des suggestions pour vous faire aider, trouver du soutien, des fiches techniques pratiques pour le quotidien Réseau Lucioles, 2011, 79 p. > Texte intégral

Handicap psychique, Stratégie européenne

 

La prise en charge du handicap psychique -

AMARA (Fadéla), JOURDAIN-MENNINGER (Danièle), MESCLON-RAVAUD (Myriam), LECOQ (Gilles)


La reconnaissance du handicap psychique a trouvé une consécration législative avec la loi du 11 février 2005,

pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées,

et une reconnaissance internationale avec la convention internationale de l’ONU pour la protection

et la promotion des droits et la dignité des personnes handicapées de 2006.

Elles ont apporté une réponse à un certain nombre des attentes du monde associatif qui souhaitait depuis longtemps

que les conséquences de certains troubles psychiques puissent être reconnues comme étant à l’origine d’une situation de handicap,

selon les définitions de la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF).

Le présent rapport s’inscrit dans le cadre du prog ramme de travail de l’Inspection générale des affaires sociales,

et a pour objet de décrire les modalités qui président à la mise en oeuvre des différents dispositifs depuis l’adoption de la loi...

(RA)Inspection générale des affaires sociales - IGAS, 2011, 255 p. > Texte intégral

 


 

Stratégie européenne 2010-2020 en faveur des personnes handicapées :

un engagement renouvelé pour une Europe sans entraves - Commission européenne
La stratégie présentée ici a pour but d’exploiter tout le potentiel que recèlent la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et la convention des Nations Unies; elle vise aussi à exploiter pleinement la stratégie «Europe 2020»

et les instruments qui l’accompagnent.

Elle met en mouvement une procédure destinée à renforcer la position des personnes handicapées

de sorte que celles-ci puissent participer pleinement à la société au même titre que les autres.

Compte tenu du vieillissement démographique en Europe,

ces actions auront une incidence concrète sur la qualité de vie d’une partie de plus en plus en importante de la population.

Les institutions de l’Union et les États membres sont invité à oeuvrer de concert dans le cadre de cette stratégie afin de bâtir pour tous une Europe sans entraves.

(RA) Commission européenne, 2010, 14 p. > Texte intégral

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