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Reconnaissance de nos enfants

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# Jeudi 05 Novembre 2009 à 09h04 Suzanne PARIS - Auxerre
J'ai entendu votre appel ce matin sur Europe. Je suis très sensibilisée à votre démarche - ayant perdu il y a 11 ans une petite fille de 12 ans, polyhandicapée à 100 %. Le deuil ne se fait toujours pas et une hyper sensibilité est toujours aussi présente face à ces situations. Nous aidons, avec mon mari, un couple parents d'un ado de 17,5 ans la même situation que la vôtre, en partance prochainement pour la Belgique, aucun établissement ne pouvant le prendre en charge... Beaucoup d'amour, de patience, de présence, de partage, j'ai usé de tout cela moi aussi, tout comme vous, et depuis bien plus longtemps. Ces enfants sont "cachés" comme vous le dites si bien, et les gens bien pensants aiment tout le monde, mais détournent la tête lorsqu'on les promène (notre fille aînée à une période ne voulait plus aller en course en famille, car tout le monde se retournait sur sa petite soeur. J'étais moi-même devenue "hargneuse" devant ces comportements !). Cette situation a fait le tri dans nos amis et relation - très rapidement d'ailleurs - seuls les fidèles sont restés - et pas la famille je peux vous le dire ! Lors du grand départ, seuls sont qui l'ont aimée étaient là : éducateurs, soignants, quelques membres de la famille - pour la forme - leur grand-mère maternelle - mais les grands-parents paternels n'avaient pu se déplacer.... Un mois après son départ - à Noël - en larmes devant les neveux qui déballaient leurs cadeaux, ma belle-mère m'a priée de me joindre à eux en disant "allez, c'es fini, on n'en parle plus !".
Alors, vous avez raison, même si peu de personnes viennent sur votre site, ceux-là auront partagé ce moment avec vous, et verront que votre Doudou existe, qu'elle vit, parmi vous, entourée d'amour, et chérie par votre présence.
Beaucoup de courage à vous. J'ai les larmes aux yeux en terminant ce message, car même si cela a été très dur lors de la courte vie de notre petite Laëtitia - épileptique, bardée de corser garchois, nourrie par l'estomac - à 12 ans elle pesait 12 kg - sous oxygène lors de crises d'étouffement - je donnerais tout ce que j'ai pour l'avoir encore auprès de moi. C'est un geste égoïste, mais ces enfants ont besoins de tellement d'amour, que notre société individualiste ferait bien de prendre de la graine de ces situations et de se regarder un peu moins le nombril.
Lisez le livre de J.Louis Fournier "où on va Papa" qui et un livre très beau et explique avec humour son drame à lui.
Très cordialement à vous, de gros bisous à Doudou. Suzanne
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