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Au revoir Anne

Conversations

 

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ANNE

Ma petite Anne, Mon Ange, Mon Amour,

 

Il suffisait de presque rien!

Ce presque rien, ce je ne sais quoi, qui font toute la différence, qui impliquent la normalité.

 

A ta naissance, ton père et moi avons ressenti un malaise indescriptible, une intuition. Je t'ai couverte de baisers mais dès les premières minutes mon instinct maternel «  savait ». Il a ressenti la différence.

Dès cet instant, je mesure ta vulnérabilité, je te promets de veiller sur toi toute ma vie et de t'aimer encore plus fort.

Tu n'as pas encore un jour, et les larmes qui inondent mon visage et tombent en perles chaudes sur le tien ne sont pas des larmes de joie.

 

Je suis devant une inconnue.

Je la sens vulnérable, mais elle m'est d'autant plus chère.

Je la câline contre moi et la caresse tendrement.

Je ferme les yeux et nous ne faisons qu'un.

Je mesure l'immensité de la tâche qui m'attend!

 

Pendant trente trois ans j'ai eu l'impression de te mettre au monde chaque matin.

« Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie ».

 

Il a fallu continuer à vivre envers et contre tout, mais surtout il a fallu vivre « debout ». Ceci pour toute la famille et en particulier pour tes frères et ta sœur.

Chaque jour , je t'ai insufflé la dose d'amour nécessaire à la vie.

Ton papa et moi t'avons fabriqué un petit nid douillet, un petit univers, ton petit monde.

Nous t'avons tous aimée de tout notre cœur, de toutes nos forces.

 

Nous avons essayé de vivre le plus normalement possible malgré ton handicap, les contraintes qu'il représentait et le travail qu'il impliquait.

 

Tu nous as toujours répondu par ton immense douceur, ta gentillesse, tes petits sourires en coin. Tu n'as renvoyé que de l'amour, tu nous as fait partager ta sensibilité, tu ne connais pas le mal. Tu es parfaite.

Tu es notre Doudou, tout simplement.

 

Nous communiquons par notre «  ressenti » mutuel. Il faut savoir saisir la trace de l'invisible sur le visible, autrement dit l'expression morale ou psychologique de ton âme, exposée dans un sourire, ou révélée par un geste, un regard.

Anne, tu fais partie de ces êtres d'exception, capables , dans le mensonge de la comédie humaine, de montrer leur vrai visage, celui de leur être intérieur.

 

« Mourir, c'est achever de naître ».

Tu représentes doublement la force incarnée du mystère.

 

Devant toi, il faut se faire humble car tu es unique et tu resteras unique.

 

Au revoir ma petite Anne.

 

Ta Maman.


 

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Date de dernière mise à jour : 07/08/2012

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