
1. Auvage céline Le Dimanche 20 Mai 2012
MERCI...!!! Merci pour ce partage...!! Je suis tombée sur votre blog,vraiment par hasard... Je n'ai ...
2. julia Le Dimanche 06 Mai 2012
Merci a vous! bonheur a votre petits ange!
3. Gisèle Le Jeudi 03 Mai 2012
Bonjour Chantal, Didier Un petit coucou pour vous dire que nous pensons à vous et à nos deux anges ...
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Guo Fengyi
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Guo FengyiLes peintures majestueuses de Guo Fengyi sont pareilles à des étendards poétiques. Les grands rouleaux de plusieurs mètres de haut présentent des figures historiques, ou ancestrales et divines, dont les visages, féeriques ou monstrueux, apparaissent au cœur de subtils entrelacs témoignant d’une finesse et d’un raffinement hors du commun. La thématique qui domine toute la production de la créatrice chinoise est le corps humain. Les sujets s’entremêlent en un réseau de traits et d’arabesques qui se succèdent et s’apparentent à des fils brodés. Sa quête spirituelle occupe une place primordiale dans son univers graphique. Guo Fengyi trace rapidement des lignes sinueuses au pinceau. Aux formes abstraites obtenues, elle ajoute ensuite des yeux et une bouche, afin de faire apparaître des visages. A certaines occasions, la créatrice semble esquisser une cartographie organique dans laquelle elle représente les flux d’énergie. Guo Fengyi emploie d’abord comme supports le verso de pages de calendriers, puis des feuilles de papier de riz dont certaines mesurent dix mètres de hauteur. Lorsqu’elle utilise ces longs rouleaux, le papier est déployé au fur et à mesure du travail sur sa petite table, de sorte qu’elle n’appréhende jamais la totalité de son œuvre quand elle peint. Elle procède dès lors par fragments successifs et l’effet de miroir joue un rôle primordial dans la structure des compositions.
Guo Fengyi, artiste brute découverte récemment, intéresse de façon fulgurante les spécialistes de l'art. Née en 1942 à Xi’an (centre Chine), elle obtient son baccalauréat en 1962 puis devient technicienne dans une usine de caoutchouc. Néanmoins, souffrant de terribles crises d’arthrite, elle est contrainte de cesser toute activité professionnelle à trente-neuf ans. Pour soulager ses crises, Guo s’initie au Qi-Gong, médecine qui lui ouvre de nouvelles portes, notamment spirituelles. A partir de 1989, en prise à des visions, elle produit de nombreux dessins, d’abord sur les versos de pages de calendriers, ensuite sur du papier de riz. Ces productions, à l’encre de chine et au pinceau, parfois longues de plus de 5 mètres, sont élaborées sans idée préalable, Guo découvre sa création au fur et à mesure qu'elle la dessine. A travers une multitude de traits délicats, se dessinent des formes spectrales, dragons, phenix, visages parfois entremêlés, souriants et sereins, ou au contraire, terriblement inquiétants et monstrueux. Fascinante et originale, l'œuvre de Guo a cette force : elle nous emmène sur des territoires où la sérénité, trop calme, en devient inquiétante et où le monstrueux, étrangement, nous est familier. Déjà présente dans la Collection d'Art Brut de Lausanne ainsi qu'au Museum of Everything (Londres), puis exposée par la galerie christian berst au Salon du Dessin Contemporain 2010, Guo sera demain une figure incontournable de l'art brut.
Ces dessins figurent tous de grands personnages — divinités, empereurs et autres figures légendaires — pour la plupart présentés en double, tête bèche, comme sur des cartes de tarot. Ni bras ni jambes: la partie inférieure du corps disparaît comme une queue de sirène. L'important, c'est la tête, l'esprit… Des lettres, des signes apparaissent parfois autour des figures, ce qui ajoute à l'idée d'une signification cachée et d'une fonction secrète de ces dessins. Guo Fengyi dessine, pour la visualiser, l'énergie vitale des corps. Elle travaille à partir d'un creuset de connaissances hétéroclites: la mythologie, l'astrologie, la géomancie, la médecine traditionnelle chinoise…
Au-delà de la distance culturelle qui nous sépare d'une artiste chinoise, la manière de Guo Fengyi ajoute à cet écart. C'est dans cette faille que se situe le «brut». On peut penser à des œuvres européennes appartenant au désormais dit «art brut historique»: les dessins médiumniques et les broderies de Jeanne Tripier ou de Madge Gill… Si l'art brut n'est pas un mouvement artistique, et ne fonctionne pas comme catégorie, il existe pourtant des critères de distinction, des caractérisques communes que Jean Dubuffet relevait dès les années 1950 à propos des «auteurs d'art brut». Guo Fengyi n'a jamais appris à dessiner. Elle entame sa pratique artistique à l'âge de la retraite — prématurée dans son cas, pour des raisons de santé. Sans qu'il soit apparemment dans son projet de faire œuvre, mais plutôt de répondre à une nécessité spirituelle et toute personnelle. Du point de vue occidental, son art est «brut», alors qu'elle a récemment été présentée en Corée du sud à une biennale d'«art contemporain»… |
EXTRAIT DE L’ART BRUT
Lorsque Guo Fengyi (1942-2010) commence à dessiner, à l’âge de 47 ans, l’intention de son acte est exclusivement thérapeutique. Elle cherche avant tout à soulager ses souffrances physiques ainsi qu’à soigner d’autres personnes malades. Le travail graphique auquel elle se livre,spontané et autodidacte – « instinctif », pour reprendre son propos – est exempt de toute ambition artistique et dénué d’un quelconque besoin de reconnaissance ou d’approbation culturelle ou sociale. Les vertus curatives qu’elle recherche dans ses compositions graphiques se diversifient au fil du temps et prennent de l’ampleur, dans tous les sens de l’expression.
Sa démarche devient pleinement aventureuse, pour finalement constituer une interrogation d’ordre spirituel et philosophique : « Je peins pour savoir », confiera Guo Fengyi. Vingt ans après la réalisation de son premier dessin, sa production est devenue très abondante, comptant
à sa mort un millier d’oeuvres.
Le terme d’irruption, en l’occurrence, convient particulièrement bien, puisque le premier dessin apparaît subitement le 21 mai 1989 dans le neuvième cahier de son journal intime – ce qui atteste de son caractère privé et confidentiel. De plus, il est en étroite relation avec une révélation que l’auteure situe avec précision dans le temps. Comme quelques autres travaux de cette période initiale, qui surgissent dans ce même cahier, cette composition prend forme par le biais de pointillés tracés au stylo à bille noir : la créatrice procède par touches graphiques successives et répétées, pareilles à des impulsions saccadées – c’est le contour encore imprécis qui suggère la forme. La parenté avec les premiers dessins de l’auteur d’Art Brut ghanéen Ataa Oko est aussi manifeste qu’inattendue : dans les deux cas, le dessin est formulé par des à-coups de brefs tracés qui témoignent de la recherche en cours. Si ces particularités graphiques des débuts de Guo Fengyi révèlent une main incertaine et retenue, la ligne va très vite connaître un essor cursif et acquérir continuité et stabilité. La dessinatrice prend goût à ce mode d’expression ; Elle se procure de grands calendriers périmés, se servant du verso des pages pour y consigner ses investigations et ses découvertes.
Le processus créatif se déroule de manière rituelle. Sans aucune esquisse ni aucun croquis, vierge de toute idée préconçue, Guo Fengyi se met dans un état de recueillement, de concentration, de vacuité et d’intense disponibilité, comme elle le fait lorsqu’elle pratique le qigong. Elle repère le milieu de son rouleau de papier et y peint quelques caractères chinois qui indiquent le sujet qu’elle a choisi et qu’elle convoque dans son oeuvre. L’étincelle a surgi, l’impulsion est donnée. Dès lors, des visions lui apparaissent, confie-t-elle, la composition prend corps sans qu’elle ne la maîtrise ni ne la contrôle, et les formes lui sont révélées au fur et à mesure de leur réalisation. Elle peint dans la hâte, d’un même geste, d’un seul souffle,
sans repentir aucun. L’oeuvre survient, involontaire, et advient : « Cela s’accomplit », dit-elle.
La rapidité d’exécution et le caractère itératif des lignes qui se répètent concourent à la déprise d’elle-même et du réel, et favorisent d’autant plus l’état presque hypnotique qu’elle recherche. Guo Fengyi révèle dans ses peintures des « moments », dont elle inscrit précisément, sur chacune, l’heure de début et de fin de l’exécution. Elle se dit inspirée par Bouddha, précise ensuite « le message vient du ciel, […] mes oeuvres sont inspirées », renonçant ainsi à se présenter comme l’auteure de sa production, à l’instar de nombreux auteurs d’Art Brut.
Lucienne Peiry






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Date de dernière mise à jour : Dimanche 29 Janvier 2012






