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Hugues JOLY

Biographie

Hugues Joly est né le 12 mai 1954 à Jadotville, au Zaïre. De retour en Belgique, il suit l’enseignement primaire à l’école Decroly qui privilégie la créativité. Il parcourt l’Europe avec ses parents et en profite pour visiter les principaux musées. Rembrandt, Van Eyck et Rubens sont sa nourriture quotidienne.

Arrivé à l’atelier de La Pommeraie, il peint à sa manière des scènes religieuses : Cène, Crucifixion… Très sensible au corps féminin, il intégre des corps nus dans ses peintures. Dépassant ce combat entre sacré et profane, il se met parfois en scène au milieu de ses personnages. Cet artiste, très exigeant avec lui-même, fait constamment des essais, réalise des croquis en grand nombre, s’essaie aux collages, peint de petits formats ou d’immenses toiles.

Hugues Joly réside à Ellignies-Sainte-Anne. Il occupe une place prépondérante à l’Atelier de La Pommeraie qu’il fréquente quatre matinées par semaine. Son œuvre est présente dans la collection art & marges musée à Bruxelles et dans la collection du Madmusée à Liège.

 

Driss, Georges Gauchy et Hugues Joly.


Driss : Elles datent de quand ces photos ?

Bruno : Six mois.

Driss : Bruno, qu’est-ce que tu dirais de la peinture d’Hugues ?

Bruno : Je trouve qu’Hugues, c’est quelqu’un qui va jusqu’aux bouts de ses envies avec beaucoup de réflexions.
C’est un beau parcours d’homme. Au début, quand il est venu à l’atelier, il connaissait Rubens Rembrandt.
Je peux parler vraiment peinture avec lui. Il a fait tous les musées européens. Et évidemment quand il est arrivé à l’atelier il voulait faire cette peinture- là. Mais il n’avait pas la technique ni les mêmes envies que ces peintres. Est-ce qu’au 20e siècle on peint encore comme au 17e ?… et finalement Hugues a fait tout ce parcours pour arriver à ce qu’il avait envie de dire et de faire. Je trouve qu’il a beaucoup d’audace dans sa peinture.
Quand on regarde cette peinture, les corps sont coupés, mais cela ne fait rien, ce qui compte c’est un certain moment la mise en page qu’il
veut faire et il n’hésite pas à enlever une tête s’il considère que c’est à faire. Je trouve là beaucoup d’audace. Ce que beaucoup de peintres contemporains n’oseraient pas faire.
Au départ, il prend des scènes religieuses, somme toute assez conformistes et à un certain moment, il a envie du nu.
Il y a une opposition entre les deux. Et petit à petit, il arrive à mêler les deux, mais avec beaucoup de pureté, de sensibilité.
Ce n’est pas une peinture agressive, même s’il met beaucoup de nus et à un certain moment Le Christ devient une femme et c’est la femme qui est crucifiée et lui se met en scène. Et ça reste très sobre.

Driss : Pourquoi tu peins, Hugues ?

Hugues Joly : Parce que j’aime. C’est une passion. J’aime mettre la couleur.

Driss : Tu peins depuis quand ?

Hugues Joly : Depuis quatre ans. Avant, je dessinais, je faisais des croquis, je travaillais aussi aux pastels gras ou aux crayons de couleur.

Driss : Tu as exposé beaucoup, à Paris, à Bruxelles, à Gand, à Lille…

Hugues Joly : Beaucoup !

Driss : Quelle est celle qui t’a laissé le plus de souvenirs ?

Hugues Joly : A Gand. C’est là qu’il y a le plus de mes travaux et où il y a le plus d’espace pour les regarder; et c’est là encore où le plus de personnes ont pu les voir.

Driss : Tu vends beaucoup ?

Hugues Joly : Un peu.

Driss : Comment ça se passe ta rencontre avec les gens qui viennent voir tes peintures ?

Hugues Joly : J’ai le trac. Qu’est-ce qu’ils vont penser les gens, est-ce qu’ils vont aimer ou pas aimer. Aussi bien à l’atelier qu’aux salons ce sont les femmes qui apprécient plus que les hommes.


Bruno : Les positions qu’ont les femmes dans ses tableaux sont toujours impossibles… et en même temps ces mouvements sont très beaux. Je dis
souvent qu’Hugues est un sculpteur. Il sculpte ces femmes. En sculpture, on dit toujours que le vide a autant d’importance que le plein. Dans la
peinture d’Hugues, c’est la même chose. Il fait faire des mouvements à ces femmes impossibles mais il donne des respirations et ça leur donne
beaucoup de légèreté.
Lorsque vous regardez les cernes noirs, elles ont en réalité trois centimètres. Si vous faites une peinture et que vous faites un cerne comme cela à votre personnage, le personnage va être très lourd, un bloc, ça va être désagréable.
Avec Hugues, je ne sais pas pourquoi, mais ce cerne est très léger et ces femmes flottent dans l’espace malgré ce cerne.

 

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Date de dernière mise à jour : Dimanche 29 Janvier 2012

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