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Anne Piola

Une leçon de vie

 

« Chacun porte en lui, dans son jardin secret, le cheval de ses rêves… »
Anne

Tout en elle irradie la vie. Elle vous parle clair et vrai. Elle illumine la conversation de son sourire à fleur de mots. Ses propos disent l’espoir, le projet, le besoin de création, la passion des chevaux, ibériques ou non. Ses écrits égrènent leurs noms, ceux qui viendront titrer ses œuvres : Flamme, Astre d’Aton, Chitane le Black, Eternit…


La tragédie Serenata Anne est cavalière. Son apprentissage débute dès l’âge de 5 ans sur grands poneys, en club équestre. Tape-fesse, monitrice qui hurle, enseignement militaire à souhait. Pas de place au plaisir.
Côté école et lycée, ce n’est pas l’apothéose... Elle s'enlise, puis... s'envole. Vient alors le travail avec les chevaux... de trait : nourriture, entretien, saillies, poulinages. Elle s’y adonne un an et demi, s’essaie ensuite à diverses disciplines (courses de trot, galop, jeunes poulains à débourrer) et… lâche. Centres équestres, petits élevages, grands élevages, Espagne, Etats-Unis. Partout où la connaissance lui est offerte. Et elle rencontre le Lusitanien, dans une écurie du Sud de la France où se pratique l’art équestre de Haute Ecole. Elle tombe « raide dingue » du cheval ibérique, qui la mène droit à Serenata ! Elle a 25 ans quand survient l’accident. Serenata est frappée d’une attaque cérébrale, tombe et Anne gît sous elle : « L’infini, il suffit de plonger dans l’œil d’un cheval pour le contempler ». La vie bascule. Anne ne cessera jamais de contempler l’infini dans l’œil des chevaux !

L’art, thérapie vitale

L’accident, qui l’immobilise deux années durant, déclenche l’entrée en art. Dans son lit d’hôpital ou son fauteuil, Anne en revient à ses dessins d’enfant, quand elle réinventait à la maternelle Gripoil, l’Etalon noir, les licornes ou Pégase. Dès 5 ans, elle faisait se lever sous son crayon ces fiers destriers de l’Imaginaire : « quelle serait l’infinité des légendes que les chevaux se sont transmises, sans anthropomorphisme, depuis la nuit des temps ? ». Martyrisée dans son corps et son âme, elle va peindre avec frénésie jusqu’à 3 tableaux par jour, écrire, lire. Construire une culture personnelle de l’histoire de l’art - celte, scythe, étrusque, sarmate, sassanide, mongole, tibétaine, perse - et de l’histoire des civilisations cavalières. Expériences plastiques de l’huile, puis de l’acrylique, bientôt rehaussée de métaux précieux (or en coquille, argent, cuivre), de la pierre noire, du crayon blanc, de la plume et de l’encre. Initiation à l’art des enlumineurs médiévaux, des peintres russes et indiens.

Confection de bijoux pour chevaux, frontaux de perles ou colliers d'ornement traditionnels tels qu'en portent les chevaux précieux en Orient, décoration de pièces de harnais, incrustations. Sa boutique se peuple encore de posters, reproductions, calendriers, agendas en cuir. Expérience de l’écriture, puis de l’auto-édition de Contes et légendes du cheval. Un ouvrage qui montre qu’Anne porte assurément en elle une vision du monde où le cheval et l’homme fusionnent. Expérience de la manipulation de photos numériques où le cliché apparemment banal se voit transfiguré par élimination du fond englobant le cheval et promotion d’un autre espace, plus abstrait et chromatique, toujours fantastique. Un univers où le rythme visuel de l’allure, l’ambiance colorée et la signature enluminée font lien : « Le cheval et le merveilleux sont un très vaste univers et nous sommes très loin d’en avoir fait le tour ».

Libres, sauvages, fiers et parés

Dans ses représentations, où le monde de Tolkien côtoie celui de Lewis Caroll, Anne se veut surtout portraitiste de chevaux. Car elle privilégie ce que le cinéma nomme le cadrage serré : très gros plan d’œil, gros plan de visage, plan moyen de l’animal toujours dynamique, maître de l’impulsion. Grulla, Ouranos, Nadir, Marwari… Deux composants cohabitent pour fonder son univers imaginaire : le cheval, souvent seul ou parfois en groupe, et les quelques comparses ou faire-valoir qui sont des dragons, centaures, fées ou plus banalement montagnes d’arrière-plan, oiseaux. La niche écologique de la chasse, de la guerre, du rêve débridé. Les mains de l’artiste font surgir des myriades de cavales parce que « les ventres des juments sont comme des coffres bourrés d’or » (Abd el Kader). Yeux exorbités (ceux de Serenata), naseaux ouverts comme des lotus, queue portée comme l’oriflamme. Ils sont chevaux, bien sûr : Xanthos, Balios… Ils sont hommes : El Mansour, Gengis Khan, Mahomet… Ils sont la Terre : le Désert, l’Orient… Ils sont les éléments naturels : Vent de sables, Seigneur des tempêtes... Ils sont les éléments fantastiques : l’Or des Elfes. Naissant du vent comme des vagues de la mer, ils conjuguent les deux grandes mythologies des origines d'Equus. « La furie de leur galop n’a d’égale que celle de leurs yeux et l’orage naît de leur souffle ». Un hymne à l’éternel cheval ibérique, « el caballo rey », « cheval des rois et roi des chevaux » !

 

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Commentaires (1)

1. tedeschi Mercredi 01 Février 2012

tro bo!!!

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Date de dernière mise à jour : Vendredi 09 Décembre 2011

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