logo-amalthee.png  banniere-lire-h-98.jpg  couv-haut-de-page-site.jpg  4-eme-couv-haut-de-page-site.jpg

Artistes anonymes

Deux artistes québécois au Festival des artistes handicapésDeux artistes québécois au Festival des artistes handicapés Le Festival des artistes handicapés (Abilities Arts Festival) s’installera à Toronto du 25 octobre au 4 novembre et mettra en lumière de nombreux artistes, atteints par un handicap, dans des domaines aussi variés que le théâtre, la danse, le cinéma ou la chanson. Parmi les nombreux artistes inscrits au programme, deux Québécois tiendront la tête de l’affiche: le rockeur Martin Deschamps et la danseuse France Geoffroy, qui présenteront tous deux leurs spectacles le 26 octobre 2011. L’occasion de dresser un portrait de ces deux passionnés.


«À l’école, je ne me suis jamais fait impressionner, j’ai su expliquer mon handicap à mes camarades et leur montrer qui j’étais vraiment», se souvient Martin Deschamps. «Aujourd’hui, le message que je fais passer sur scène est le même qu’à l’époque: foncer dans la vie, ne jamais s’arrêter!»

À presque 40 ans, le rockeur québécois, atteint de malformations à la naissance, n’a rien perdu de sa ferveur de jeunesse et prend toujours autant de plaisir à monter sur scène. Son dernier album Intense – dans les bacs depuis février 2006 – s’est classé dans les meilleures ventes à sa sortie et a donné lieu à une tournée tout au long de l’année.

«La scène, c’est mon oxygène, je ne peux pas m’en passer. La dernière tournée s’est jouée dans des grandes salles et était résolument rock. Le nouveau spectacle, que nous avons lancé cette semaine, mettra l’accent sur des chansons plus douces, accompagnées simplement d’un piano ou d’une guitare.»

Mais l’artiste ne compte pas laisser pour autant ses premières amours sur le bord du chemin: «Je suis avant tout un rockeur, même si les balades font partie de mon répertoire, je n’oublie pas d’où je viens!» Et Martin Deschamps sait également où il va. Programmée jusqu’au printemps 2008, cette tournée devrait laisser place à un nouvel album à l’automne suivant, déjà en préparation.

C’est avec une prestation adaptée au Festival des arts handicapés que Martin Deschamps montera sur scène le 26 octobre prochain. Pendant près de 30 minutes, le public pourra ainsi découvrir des titres de son dernier opus, mais également des chansons en anglais avec notamment une reprise de Louis Armstrong.

«Cette prestation est un grand défi, ce sera en effet une des premières fois que je me produirai devant un public anglophone. J’ai donc adapté mon répertoire pour que le spectacle convienne à tous les goûts.»

Une première participation qui semble faire le bonheur du chanteur québécois: «Au-delà de l’aspect artistique, le festival est une formidable opportunité de rencontres. J’espère pouvoir partager mon expérience avec d’autres artistes touchés par le handicap et leur faire partager ma passion pour ce métier.»

Si le public ontarien découvrira pour une des premières fois son tour de chant, l’artiste appartient aux valeurs sûres de la scène québécoise. Son premier album, Comme je suis, sorti en 2000, s’est vendu à près de 75 000 exemplaires et a valu à son interprète trois nominations au gala de l’ADISQ, dans les catégories découverte de l’année, album rock de l’année et chanson de l’année. Ses albums suivants, Différent (2001), Le Désert (2003), Offenbach (2005) et enfin Intense (2006), connaissent le même succès et se hissent à chaque fois dans les palmarès des meilleures ventes dès leur sortie.

Artiste accompli, Martin Deschamps profite de son expérience pour faire passer son message et sa joie de vivre aux plus jeunes: «Je me rends plusieurs fois par an dans des écoles pour parler de mon expérience à des élèves du secondaire. Je joue quelques morceaux et présente ensuite ma façon de vivre, avec mon handicap. L’accueil est toujours très bon.»

Dans un tout autre domaine, le Festival des arts handicapés mettra au premier plan le spectacle de la danseuse France Geoffroy. Pour la première fois, le festival accueillera la prestation de cette artiste montréalaise, pionnière dans le domaine de la danse intégrée. Associant danseurs en fauteuils roulants et danseurs valides, la danse intégrée est, pour France Geoffroy, «l’expression même de l’intégration des individus, qu’ils aient un handicap ou non.»

Frappée en 1991 par un accident qui lui coûte l’usage de ses membres, France n’a jamais perdu sa passion pour la danse. Diplômée en danse de l’école de Montmorency, elle est désormais professionnelle et une des seule à enseigner la danse intégrée. «Il n’a pas été facile au début de développer l’idée de la danse en fauteuil. Mais le regard de la profession sur la discipline est aujourd’hui plus attentif, la danse intégrée a su trouver sa place», se réjouit France Geoffroy.

Au travers de Corpuscule danse, qu’elle met en place en 2001, elle enseigne et assure la promotion de la danse intégrée au Québec.

Repérée par les organisateurs du festival lors d’une de ses prestations à Washington D.C., la danseuse se produira pour la première fois dans ce cadre. «Ce festival est une belle occasion de rencontre, je suis très curieuse de découvrir les prestations des autres artistes et de pouvoir partager nos expériences.»

France Geoffroy montera sur scène avec un spectacle déjà joué à Montréal, intitulé Confort à retardement. Cette prestation – en duo avec le danseur Tom Casey – explore les luttes que deux êtres humains peuvent se livrer lorsqu’ils sont en contact et qui peuvent mener jusqu’à l’inconfort. «Il s’agit d’un spectacle hypnotique, qui explore l’espace et les différents sentiments humains.»

C’est déjà avec d’autres projets que France Geoffroy envisage l’avenir. Elle sera de nouveau à l’affiche début décembre 2011 à Montréal et prépare la reprise d’un autre spectacle pour 2008.

Le public torontois pourra découvrir ces deux artistes le 26 octobre 2011, à partir de 20h, au Glenn Gould Studio, sur la rue Front Ouest.

Les artistes handicapés à Baroja

Les artistes handicapés à Baroja
  À l'initiative de l'Association des paralysés de France (APF), plusieurs artistes en situation de handicap sont réunis depuis mercredi et jusqu'au 18 février aux Écuries de Baroja. À l'image de Dominique Dechy, cloué dans une chaise roulante et qui peint avec une licorne vissée sur le front, ou de Véronique Ipinazar, malvoyante, équipée de lunettes spéciales, ces créateurs réalisent leurs travaux en présence du public.

« En voyant nos œuvres, les gens nous regardent différemment », disent-ils. Pendant leur séjour, ces artistes hors du commun vont également avoir des échanges avec les enfants du centre de loisirs voisin. 

Vic Chesnutt  

 Sh
vicchesnutt-web.jpg
La seule évocation du nom de Vic Chesnutt véhicule beaucoup de légendes : artiste handicapé, meurtri par la vie, protégé de REM, semi-star un temps, vite retombée dans les oubliettes du rock. Avec son douzième album, North Star deserter, l'artiste américain créé une nouvelle légende : un album inoubliable qui se placera rapidement, dans votre discothèque, à côté des plus grands.
Né au début des années soixante, Vic devient quadraplégique vingt ans plus tard. Banal accident. Renversé par une voiture. Trop bourré. Depuis quelques années, le bonhomme vit la bouteille à la main, les extrêmes comme seule limite. Il gratte une guitare ; le fait d'être dans un fauteuil ne va pas l'empêcher de continuer. Il enregistre quelques albums confidentiels, est "repéré" par REM, continue sa route et le succès lui fait un petit signe au début des années 1990 (Drunk - titre de circonstance). Puis, plus rien ; enfin pas grand chose, quelques nouveaux albums qu'écoutent une poignée de fans illuminés. Mais avec cette douzième livraison, le réseau de fans devrait incontestablement s'agrandir. Vic nous offre, en cette rentrée morose, une pépite, une évasion, une fenêtre sur l'infini, un album magistral, puissant, indispensable. Comment a-t-il fait? 
Il a fait des rencontres, tout simplement. Il a rencontré une famille : Constellation ; et un producteur : Jem Cohen. Constellation, c'est un petit label canadien ; mais plus qu'un label, c'est une famille qui regroupe en son sein des artistes terriblement originaux et exigeants : A Silver Mt Zion (SMZ), Godspeed Your Black Emperor !, Frankie Sparo, etc. Vic a rejoint cette famille, et il y a été accueilli comme un grand-père ; un grand-père qui raconte ses histoires et qu'on accompagne. Pour l'enregistrement de son disque, il a rejoint la mythique maison familiale : l'Hotel2tango. Et puis, il y a donc Jem Cohen, réalisateur de cinéma inexpérimenté en musique, avec uniquement à son actif quelques clips musicaux pour REM (tiens, tiens...) ou Fugazi. Le décor est planté ; une légende de plus. 
North Star deserter est donc le fruit de ces rencontres. Disons le tout de suite : cet album pourrait bien être un des chocs de l'année. Il s'ouvre sur la magnifique chanson d'un vieux cowboy à la voix rocailleuse (Warm). Car Vic, c'est d'abord une voix unique. Les syllabes traînent en longueur, se perdent jusqu'à ressembler à une immense plainte, donnant aux titres une couleur mélancolique. Les âpretés de la vie, il connait. Les chanter, il le fait mieux que personne. Une simple guitare, une basse présente et répétitive, suffisent pour donner vie à cette chanson. Puis, les titres s'enchaînent, véritable suite d'ambiances musicales magnifiquement créées par les membres de SMZ. Ambiance sinistre, terrifiante, pernicieuse et malsaine (Glossolalia) ; ambiance intimiste, solitaire et triste (l'énorme Everything I say) ; ambiance d'une soirée au coin du feu passée à écouter un sage (Wallace Stevens) ; ambiance d'incantation aérienne et épurée (Folder on her wings, chanson qu'il faudrait écouter 1000 fois avant d'en saisir réellement la beauté) ; ambiance d'un film noir à la Lynch sur Splendid, titre de huit minutes offrant une des plus belles introductions de ces dernières années - larsen, vibrato de guitare, épouvantables sons grinçants. Vic Chesnutt chante le malheur, la fragilité, l'angoisse, les êtres sur le fil du rasoir ; il offre un album à écouter seul le soir, le casque solidement accroché sur les oreilles. "We did everything we could" murmure-t-il à la fin des huit minutes de pur bonheur de Splendid. Vic et sa constellation étoilée ont fait mieux : ils délivrent une bombe. Pas une bombe atomique, non. Une bombe à retardement, qui chaque jour, nous touche, nous dérange, nous accompagne. Un chef d'oeuvre, incontestablement.

Exposition « Couleurs du moi », par des artistes handicapés mentaux

Les artistes handicapés mentaux s’exposent à la Mairie du 18ème. « Couleurs du moi » : c’est le titre évocateur de cette exposition d’art brut, proposée par les travailleurs handicapés de l’ESAT Ménilmontant et du foyer de vie St-Joseph. Depuis ce matin, et jusqu’au 22 octobre, une vingtaine de toiles et de sculptures sont exposées dans le grand hall de la mairie. C’est le résultat des différents ateliers d’arts plastiques, mêlant peinture sur toile, sur soie, céramique et modelage. De l’art brut, sans fioritures, qui a enchanté le maire du 18ème arrondissement, Daniel Vaillant et ses invités, hier soir lors du vernissage. Mais la plus enchantée de tous, c’est certainement Viviane Condat, la directrice de l’ESAT Ménilmontant à l’origine du projet : « Avec ces peintures, les artistes nous font un magnifique cadeau. Leurs oeuvres sont de pures vibrations de bonheur, et qui refuserait un peu de bonheur, aujourd’hui ? » Un bonheur à vivre et à découvrir gratuitement, dans le grand hall de la mairie, jusqu’au 22 octobre.

 

fleche-retour.png

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : Dimanche 29 Janvier 2012

logo-amalthee.png  banniere-lire-h-98.jpg  couv-haut-de-page-site.jpg  4-eme-couv-haut-de-page-site.jpg