
1. Auvage céline Le Dimanche 20 Mai 2012
MERCI...!!! Merci pour ce partage...!! Je suis tombée sur votre blog,vraiment par hasard... Je n'ai ...
2. julia Le Dimanche 06 Mai 2012
Merci a vous! bonheur a votre petits ange!
3. Gisèle Le Jeudi 03 Mai 2012
Bonjour Chantal, Didier Un petit coucou pour vous dire que nous pensons à vous et à nos deux anges ...

Avant – Propos.
Je suis un petit prince…
Même si ce n’est pas dans le désert, à mille milles de toute terre habitée que j’ai vu le jour, je suis un petit prince…
Même si je n’ai jamais demandé à qui que ce soit :« S’il vous plaît !… Dessine-moi un mouton ! » , je suis un petit prince…
Et même si je me contrefiche des roses en général, comme de toutes les autres fleurs d’ailleurs aussi belles soient elles et que je préfère mille fois les piétiner ,les scalper , les ratatiner plutôt que m’attarder à contempler leurs magnifiques couleurs, je suis un petit prince…
Mais alors…, s’il vous plaît …, qu’est ce qui fait de moi un petit prince selon vous?
Eh bien ,c’est tout simplement que je suis un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui vit sur une minuscule planète, tout seul, et qui ne répond jamais quand on l’interroge…
Voilà !
Pourtant, ma vie n’a rien d’un conte de fées… Bien au contraire !
L’ univers clos et mystérieux sur lequel je règne, mon royaume, n’appartient et n’obéit qu’à moi et je ne laisse jamais personne y entrer.
Cependant, je me sens à présent obligé de lever un peu le voile car je commence à percevoir dans mes alentours, de plus en plus d’impatience et d’empressement à mon égard .
On me guette, on m’observe, on s’agite beaucoup autour de moi et on aimerait bien que je consente à quelques explications sur ma manière d’envisager le monde et de le diriger.
Car si je suis un petit prince, c’est avant tout un petit prince tyrannique et autoritaire qui déteste par dessus tout que les choses lui échappent.
Pas si petit que ça, d’ailleurs puisque je viens d’avoir 11 ans !
11…voilà un nombre qui rend bien compte de ma situation et en résume parfaitement l’extrême complexité : deux fiers 1 majestueusement dressés côte à côte ou l’un contre l’autre, deux chiffres similaires en apparence mais sans aucune commune mesure, qui cohabitent dans le même espace sans jamais se rencontrer et qui semblent vouloir me dire :
« Toi, tu n’es qu’un, à part et solitaire tandis que les autres, eux, ne font qu’un, unis et solidaires… »
11 ans… C’est aussi un cap important, l’âge où le caractère s’affirme, où on sait précisément ce qu’on veut…mais sans savoir encore vraiment comment l’obtenir !
L’âge des contradictions et des grandes frustrations… des grosses colères aussi !
Je m’appelle Antoine, je vis quelque part dans un petit coin du Jura, perdu entre ciel et montagne et je suis autiste…
Anecdote ( à noter : les anecdotes ne sont pas incluses dans notre livre)
La Passion des Pieds ...

11 ans, c'est le pied !!!!!
Antoine cultive une grande passion pour les pieds ... Donc, pour ses 11 ans, comme chaque année, mes parents se creusaient la tête pour trouver une idée qui lui fasse plaisir ( ce qui n'est pas chose aisée, étant donné qu' Antoine s'intéresse à des choses peu banales, et qu'il a la fâcheuse manie de détruire tous les cadeaux un peu trop fragiles qu'il reçoit ...) Ma mère a donc eu l'idée d'aller voir un pharmacien pour qu'il lui coupe un pied en plastique d'un vieux mannequin ...
"Itinéraires d'un enfant autiste: Le Prince Coquelicot" ,extrait : "La Rose et le Coquelicot"
X. La rose et le coquelicot.
Car, dans toute histoire de petit prince qui se respecte, il est inconcevable qu’il ne soit pas question à un moment donné d’une rose.
Déesse des fleurs à aucune autre pareille, symbole de délicatesse et de rareté, vénérée, adulée, elle illumine massifs et plates-bandes de sa splendeur incomparable, conférant ainsi ses lettres de noblesse à la propriété qui l’héberge .
La mienne s’appelle Margaux et c’est ma grande sœur, en âge comme en taille.
C’est une rose magnifique toute en couleurs, parfum subtil… et épines…, la seule fleur de mon jardin qui ait droit à tous les égards.
M’inspirant directement de l’autre petit prince, celui que tout le monde connaît et adore parce qu’il est tellement zen et si sympathique, je l’ai mise sous cloche afin de ne pas la froisser et pouvoir en admirer chaque jour l’éclat et la beauté.
Car je le répète, je ne suis vraiment pas tendre avec les fleurs !
Ma sœur est mon modèle, celle à qui je voudrais tant ressembler même si c’est une fille…Antoine, c’est ″ garçon ″…même si je sais qu’hélas cela ne sera jamais possible, que l’insignifiant coquelicot ne parviendra jamais à se hisser au rang de la rose ni à rivaliser avec ses nombreuses qualités.
Pour elle, tout semble si simple et naturel alors que pour moi, tout est tordu et compliqué.
J’envie son aisance en société, la façon dont elle s‘empare d’une conversation avec ses mots que tout le monde comprend toujours du premier coup.
Et même si c’est souvent la guerre entre nous… fille et garçon, rose et coquelicot, chien et chat…mêmes querelles et même combat !…je demeure inexorablement dans son sillage, envahissant lorsqu’elle cherche à se retrancher derrière la porte de sa chambre et déboussolé sitôt qu’elle n’est plus là.
Face à elle, moi le frêle coquelicot, je parais bien terne.
Tandis qu’elle prend toujours la vie du bon côté, qu’elle paraît la traverser avec insouciance et légèreté, la plupart du temps en bonne compagnie, bouquet de rires dans un grand vase de bonne humeur, de sorties animées et de jeux improvisés, je plie sous le poids de mon autisme, tourmenté, figé et seul…tellement seul !
Pour moi, aucune spontanéité, jamais d’imprévu et pas le moindre copain avec qui partager ce fardeau.
Le coquelicot pousse en solitaire, perdu au milieu des vastes champs de blé sans que personne s’y intéresse vraiment.
D’ailleurs, tout le monde a un peu oublié à quoi ressemblait un coquelicot.
Les gens de la ville comme les gens des champs, ceux qui pourtant font pousser les céréales pour la farine des gâteaux et du pain ou l’herbe pour nourrir les vaches ne font plus grand cas de cette petite fleur sauvage. Pire, ils répandent des produits pour l’éliminer.
Mauvaise herbe, qualifiée d’herbe folle par certains, le coquelicot fait tache dans le paysage lisse des cultures bien organisées, une tache rouge-sang qui dénote et dérange. Finalement, autant s’en débarrasser !
Mauvaise graine, graine de tempête, graine de voyou, il n’y a pas grand chose à tirer de ce végétal capricieux.
Ni maintien, ni parfum, impossible à domestiquer ni à cueillir pour l’assembler en bouquet, il flétrit et fane instantanément, incapable de s’unir aux autres fleurs pour en partager la destinée.
Agaçant coquelicot !
Déposé dans un vase aussi joli et doré soit-il, ses pétales se détachent aussitôt de la tige pour finir en quelques minutes éparpillés sur la table.
La fleur se disloque et s’évanouit, préférant l’autodestruction à une quelconque forme de captivité : cultiver l’art de l’évanescence plutôt que sa propre inflorescence, dérouter, déstabiliser, se dissoudre totalement dans l’espace pour dépasser ainsi les clivages du monde, telle est sa devise.
Rien d’étonnant dans ces conditions que la préférence aille à la rose si sage et disciplinée plutôt qu’à cet affreux jojo de coquelicot !
Ils sont d’ailleurs peu nombreux ses supporters, ceux qui cherchent vraiment à connaître les raisons de ce comportement caractériel, à l’admettre et s’en accommoder. Je crois bien qu’il n’y a que les peintres pour aimer sa couleur unique et son allure à la fois aérienne et dégingandée.
Le coquelicot demeure incompris et désarmé face à l’adversité : ni venin, ni piquant et pas la moindre répartie de surcroît, rien d’autre que cette attitude déroutante pour décourager l’ennemi.
Agissant au nom de mes congénères assoiffés de vengeance, je fonds donc sur la moindre fleur qui se présente pour me narguer afin d’assouvir ma jalousie.
Je piétine les jonquilles qui se développent chaleureusement en colonies bien serrées le long des versants des montagnes, je trucide les iris qui se dressent hautainement sur mon chemin, je scalpe les gentianes qui me toisent de leur hauteur, je broie dans mes mains les clochettes du muguet pour en absorber toute la senteur, n’accordant ma grâce qu’aux roses qui, toutes griffes dehors, savent de toute façon me garder à bonne distance.

De Laurence Rivat, Thierry Rivat
Pour Laurence Cerquiglini-Rivat et Thierry Rivat la naissance de leur fils Baptiste fut un vrai bonheur. Eux, qui souhaitaient plusieurs enfants. Il était si beau avec ses grands yeux bleus. Il était sage, tellement sage que tout le monde leur disait c'est normal il est «tranquille comme Baptiste», eux se disaient que c'était facile d'être parent, qu'ils avaient beaucoup de chance. Ils profitaient du moment présent, étant bien loin de s'imaginer ce que l'avenir leur réservait Le sourire de Baptiste s'est terni vers l'âge de dix-huit mois. C'est beaucoup plus tard, presque trop tard pour une prise en charge adaptée, qu'ils ont appris que leur petit protégé est autiste. Une véritable course contre la montre s'est alors engagée pour essayer de sauver le petit garçon, de l'éloigner des centres psychiatriques auxquels il était voué. À travers ce journal de bord entrecoupé de poésie, et de peinture, les auteurs retracent leur vie avec Baptiste, leurs difficultés mais aussi les moments de bonheur partagés.
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Jeanne Catta
Jeanne Catta est née à Marseille le 19 juillet 1956. Issue d une famille modeste, très jeune, elle commence l' écriture. J ai alors commencé à écrire pour noyer ma solitude, et faire « Face au Défi », quand ma fille, Alicia, avait 6 ans.

Par Annie Saby
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Date de dernière mise à jour : Dimanche 29 Janvier 2012





