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Rapport Mondial sur le handicap 2011 (suite 1)

Résoudre les obstacles et les inégalités
 

Le rapport fait une synthèse des meilleures données scientifiques disponibles sur la manière de surmonter les obstacles auxquels les personnes handicapées sont confrontées dans les domaines de la santé, de la réadaptation, de l’aide, de l’assistance, de l’environnement, de l’éducation et de l’emploi. Le lecteur trouvera des informations détaillées dans les différents chapitres du rapport et, dans le présent document, des orientations pour améliorer la vie des personnes handicapées et de leurs familles, dans la droite ligne de la CRDPH.

Résoudre les obstacles aux soins de santé

En faisant en sorte que les systèmes de santé soient, à tous les niveaux, davantage ouverts à tous et que les programmes de soins soient plus accessibles aux personnes handicapées, on réduira les disparités dans ce domaine et les besoins non satisfaits.

Diverses approches ont été appliquées dans les structures de soins ordinaires pour surmonter les barrières physiques et celles bloquant l’information et la communication : modifications structurelles des établissements, emploi de
matériel aux caractéristiques permettant un usage universel, communication de l’information sous des formes adaptées, aménagements des systèmes de rendez- vous et recours à d’autres modèles de prestation des services. La réadaptation à
base communautaire a permis avec success, dans les milieux moins pourvus en ressources, de faciliter l’accès des personnes handicapées aux services existants, en sélectionnant celles qui en ont besoin et en développant les services de soins préventifs.

Dans les pays à haut revenu, l’accès pour les personnes handicapées et les normes de qualité ont été intégrés dans les contrats avec les prestataires de services publics, privés et bénévoles. Des mesures comme le ciblage des services, l’élaboration de plans de soins individuels et la désignation d’un coordonnateur des soins peuvent permettre de s’occuper de personnes ayant des besoins de santé complexes ou de groupes difficiles à atteindre. Si, à la base, ce sont les équipes de soins de santé primaires qui doivent assurer les services pour les personnes handicapées, des services, organisations et institutions spécialisés doivent aussi être disponibles, pour garantir des soins de santé complets. Pour améliorer l’attitude des prestataires de services de santé, les connaissances et les compétences des professionnels doivent couvrir les informations pertinentes sur le handicap.

On peut améliorer les connaissances et les attitudes en impliquant les personnes handicapées dans l’enseignement et les formations. L’autonomisation des personnes handicapées pour qu’elles prennent mieux en charge leur santé, au moyen de cours, de l’aide par les pairs et de la communication d’informations, s’est révélée efficace pour améliorer les résultats sanitaires et peut réduire les dépenses de santé. Diverses options de financement peuvent potentiellement améliorer la couverture et l’accessibilité économique des services de soins, parmi lesquelles le fait de veiller à ce que l’assurance et la part à la charge de l’assuré soient abordables pour les personnes handicapées. Pour celles qui n’ont pas d’autres moyens de financer les services de soins, la diminution des paiements à leur charge et l’octroi d’une aide pour assumer les coûts indirects de l’accès aux soins peuvent améliorer l’accès et le recours aux services de santé. Des incitations financières peuvent encourager les prestataires de soins à améliorer leurs services. Dans les pays en développement disposant de soins de santé primaires efficaces et de mécanismes de versement de l’aide, les transferts d’argent ciblés sous condition d’utilisation des soins peuvent améliorer le recours aux services.


Résoudre les obstacles à la réadaptation

La réadaptation est un bon investissement car elle renforce les facultés humaines. Elle doit être intégrée dans le cadre législatif général sur la santé, l’emploi, l’éducation et les services sociaux, ainsi que dans la législation spécifique sur les personnes handicapées. Dans leurs actions, les politiques doivent insister sur les interventions précoces appropriées, les avantages de la réadaptation pour favoriser le fonctionnement des personnes avec des problèmes de santé très différents et la prestation de services aussi proches que possible du domicile. Pour les services existant déjà, l’accent doit être mis sur l’amélioration de l’efficience et de l’efficacité en développant la couverture et en améliorant la qualité et l’accessibilité économique.

Dans des situations de ressources plus limitées, l’accent doit porter sur l’accélération de la prestation des services, au moyen de la réadaptation à base communautaire, complétée par des référencements vers des services secondaires. L’intégration de la réadaptation dans les structures de soins primaires et secondaires peut la rendre plus disponible. Les systèmes de référencement entre les différents modes de prestation des services (hospitalisations, soins ambulatoires, soins à domicile) et niveaux (établissements de soins primaires, secondaires ou tertiaires) peuvent améliorer l’accès. Les interventions de réadaptation dispensées dans les communautés jouent un rôle important dans la continuité des soins. Le développement de l’accès aux technologies d’aide fonctionnelle favorise l’indépendance, améliore la participation et peut faire baisser les coûts des soins et de l’aide. Pour s’assurer que les aides techniques conviennent bien, elles doivent être adaptées à la fois à l’environnement et à l’utilisateur et s’accompagner du suivi nécessaire.

L’accès à ces technologies pourra être amélioré en recherchant des économies d’échelles, en fabriquant ou en assemblant ces produits au niveau local et en réduisant les taxes d’importation.
Compte tenu de la pénurie mondiale de professionnels de la réadaptation, il faut développer les capacités de formation, avec peut-être des niveaux mixtes ou progressifs. La complexité du travail en situation de faibles ressources impose d’avoir suivi des études universitaires ou techniques poussées. Les programmes de formation à l’échelon intermédiaire peuvent représenter une première étape pour combler les lacunes en personnel de réadaptation dans les pays en développement ou pour compenser les difficultés rencontrées pour recruter des professionnels de haut niveau dans les pays développés. La formation d’agents communautaires peut résoudre la question de l’accès géographique et apporter une réponse auxproblèmes de pénuries du personnel et de dispersion géographique.

Le recours à des mécanismes et à des mesures incitatives pour retenir le personnel peut assurer la continuité des services. Les stratégies de financement, en plus de celles pour surmonter les obstacles aux soins, couvrent la redistribution ou la réorganisation des services existants (par exemple le passage de services hospitaliers à des services en communauté), la coopération internationale (y compris la réadaptation dans le cadre de l’aide pour les crises humanitaires), les partenariats entre les secteurs public et privé, et un financement ciblé pour les personnes pauvres et handicapées.

Résoudre les obstacles aux services d’aide et d’assistance

Le passage à la vie dans la communauté, en fournissant un éventail de services de soutien et d’assistance et en soutenant les aidants non professionnels, favorisera l’indépendance et permettra aux personnes handicapées et aux membres de leurs familles de participer aux activités économiques et sociales. Pour permettre aux personnes handicapées de vivre dans les communautés, il faut qu’elles quittent les institutions et puissent bénéficier d’un éventail de services d’aide et d’assistance dans leurs communautés, soins de jour, soins nourriciers et aide à domicile. Les pays doivent planifier suffisamment le passage au modèle des services à base communautaire, avec le financement et des ressources humaines suffisantes. Les services communautaires, s’ils s’ont bien planifiés et bien dotés, obtiennent de meilleurs résultats mais ne sont pas forcément moins chers. Les autorités peuvent envisager divers moyens de financement, comme la sous-traitance des services à des prestataires privés, des mesures fiscales incitatives ou des allocations aux personnes handicapées et à leurs familles pour l’achat direct des services.
 

Parmi les stratégies publiques prometteuses, on trouve l’élaboration de procédures équitables d’évaluation du handicap et de critères clairs d’éligibilité, la réglementation de la prestation des services, avec la création et l’application de
normes, le financement des services pour les personnes handicapées qui n’ont pas les moyens de les acheter et, le cas échéant, la prestation directe des services. La coordination entre les secteurs de la santé, des affaires sociales et du logement peut garantir un soutien adéquat et réduire la vulnérabilité. Au niveau des services, les résultats peuvent s’améliorer lorsque les prestataires sont redevables vis-à-vis du consommateur et lorsque le lien entre les deux parties est régi par un accord formel, quand les consommateurs participent aux décisions sur le type de soutien et quand les services sont individualisés plutôt que dispensés sur un modèle unique sous contrôle d’un organisme. Des formations à l’intention des auxiliaires et des usagers peuvent améliorer la qualité du service et l’expérience qu’en a l’usager.
 

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le soutien à la prestation des services par des organisations de la société civile peut développer la couverture et la diversité des services. Les programmes de réadaptation à base communautaire se sont avérés efficaces pour dispenser les services dans les zones très démunies et mal desservies. Les aidants non professionnels qui, dans le monde entier, assument la plus grande part de l’aide aux personnes handicapées tireront un grand bénéfice s’ils ont des informations, un soutien financier et des services pour les soulager.

Créer des environnements favorables
 

La levée des obstacles dans les installations publiques, les transports, l’information et la communication permettra aux personnes handicapées de prendre part à l’éducation, à l’emploi, à la vie sociale et de réduire leur isolement et leur dépendance. Dans tous les domaines, les principales conditions pour résoudre les problèmes d’accessibilité et d’attitudes négatives sont les normes d’accessibilité, la coopération entre les secteurs public et privé, la désignation d’un organisme responsable de la mise en oeuvre, la formation à l’accessibilité, une conception universelle pour les planificateurs, les architectes et les concepteurs, la participation des usagers et l’éducation du public.

L’expérience montre qu’il faut imposer des normes minimum, avec l’obligation légale de les respecter, pour lever les obstacles dans les bâtiments. Il est nécessaire de suivre une approche systématique pour élaborer des normes minimum, fondées sur des bases factuelles, applicables aux différents milieux et faisant appel à la participation des personnes handicapées. Des audits d’accessibilité faits par des organisations de personnes handicapées peuvent favoriser la mise en conformité. Un plan stratégique, avec des priorités et des buts de plus en plus ambitieux, permettra de tirer le meilleur parti de ressources limitées. Par exemple, en visant initialement l’accessibilité dans les nouveaux bâtiments publics, le coût supplémentaire de 1 % de la mise en conformité de l’accès dans ces constructions est moins onéreux que l’aménagement des bâtiments existants. On étend ensuite la couverture de la législation et des normes pour inclure aussi l’amélioration des accès dans les bâtiments publics existants.

Dans les transports, l’objectif de l’accessibilité continue pendant toute la chaîne de déplacements sera atteint en définissant des priorités initiales en consultation avec les personnes handicapées et les prestataires de service, en introduisant des éléments d’accessibilité dans les projets d’entretien régulier et d’amélioration et en élaborant des améliorations de conception universelle à faible coût qui apportent des avantages démontrables à une grande diversité de passagers.

Les pays en développement adoptent de plus en plus des réseaux express de bus accessibles. Les taxis accessibles sont un élément important des systèmes intégrés de transports parce qu’ils offrent un service à la demande. Il faut également former les personnels des transports et financer, sur des fonds publics, une réduction tarifaire ou la gratuité des billets pour les personnes handicapées. Les trottoirs, les abaissements des bordures et les passages protégés pour piétons améliorent la sécurité et garantissent l’accessibilité. La marche à suivre dans le domaine des technologies de l’information et de la communication comporte la sensibilisation, l’adoption de législations et réglementations, l’élaboration de normes et l’offre de formations. Certains services, comme les relais téléphoniques, les sous-titrages, l’interprétation en langue des signes et des présentations accessibles de l’information facilitent la participation des personnes handicapées. On peut réussir à améliorer l’accessibilité des technologies de l’information et de la communication en associant la réglementation du marché et des approches anti-discriminations, sans perdre de vue des perspectives pertinentes en matière de protection du consommateur et d’achats publics. Les pays dotés d’une législation puissante et de mécanismes de suivi tendent à parvenir à un meilleur accès aux technologies de l’information et de la communication, mais la réglementation doit suivre le rythme des innovations technologiques.


Résoudre les obstacles à l’éducation

L’inclusion des enfants handicapés dans les écoles ordinaires favorise la scolarité primaire complète, a un bon rapport coût-efficacité et contribue à éliminer les discriminations.
 

L’intégration des enfants handicapés dans le système éducatif suppose d’apporter des modifications au système lui-même et aux écoles. Le succès des systèmes éducatifs inclusifs dépend largement de la volonté d’un pays d’adopter une législation adéquate, de fournir des orientations politiques claires, d’élaborer un plan d’action national, de développer les infrastructures et les capacités pour la mise en oeuvre et d’allouer les financements adéquats sur le long terme. Garantir aux enfants handicapés les mêmes normes d’éducation qu’aux autres enfants, suppose souvent d’augmenter les financements.

La création d’un milieu d’apprentissage inclusif aide tous les enfants à étudier et à réaliser leur potentiel. Les systèmes éducatifs doivent adopter des approches centrées davantage sur l’apprenant en modifiant les programmes de cours, les méthodes et matériels pédagogiques, ainsi que les systèmes d’évaluations et d’examens. De nombreux pays ont adopté des plans d’éducation individualisés comme moyen de soutenir l’inclusion des enfants handicapés dans les milieux éducatifs. Bien des obstacles physiques rencontrés par les enfants handicapés au cours de leur parcours éducatif peuvent être facilement surmontés, grâce à de simples mesures comme la modification de la disposition des salles de classe. Certains enfants nécessiteront d’avoir accès à des services d’aide supplémentaires, comme des enseignants spécialisés, des assistants d’éducation ou des services de thérapie.

Une formation adaptée des enseignants dans les écoles ordinaires peut améliorer leur confiance et leurs compétences pour instruire les enfants handicapés. Les principes d’inclusion doivent être intégrés dans les programmes de formation des enseignants et être accompagnés d’autres initiatives pour donner à ces professionnels des occasions de partager leur expertise et leurs expériences sur l’éducation ouverte à tous.

Résoudre les obstacles à l’emploi

Les lois anti-discrimination sont un point de départ pour promouvoir l’intégration des personnes handicapées sur le marché du travail. Lorsque les employeurs sont légalement tenus de faire des aménagements raisonnables, comme de rendre accessibles les procédures de recrutement et de sélection, d’adapter le milieu du travail, de modifier les horaires ou de fournir des technologies d’aide fonctionnelle, il peut y avoir une diminution des discriminations à l’emploi, une amélioration de l’accès aux lieux de travail et une modification des perceptions sur la capacité des personnes handicapés à être des travailleurs productifs. On pourra envisager un éventail de mesures financières, incitations fiscales ou financement d’aménagements raisonnables, pour réduire les coûts supplémentaires qui, autrement, seraient à la charge des employeurs et des employés.

En dehors des formations professionnelles ordinaires, la formation entre pairs, le mentorat et les interventions précoces semblent des actions prometteuses pour améliorer les compétences des personnes handicapées. La réadaptation à base communautaire peut également améliorer les compétences et les attitudes, soutenir les formations continues et donner des orientations aux employeurs. Les services contrôlés par les usagers pour l’emploi des handicapés ont favorisé la formation et l’emploi dans un certain nombre de pays. Pour ceux qui deviennent handicapés pendant leur vie professionnelle, des programmes de gestion du handicap, suivi individualisé, formation des superviseurs, aménagements du lieu de travail, retour rapide au travail avec des aides appropriées, ont amélioré les taux de reprise des emplois.

Pour certaines personnes handicapées, y compris celles qui ont de lourdes difficultés fonctionnelles, les programmes d’aide à l’emploi peuvent faciliter l’acquisition de compétences et l’embauche. Ces programmes peuvent comporter des services de coaching, des formations spécialisées, une supervision, des transports et des aides techniques. Lorsque le secteur informel prédomine, il est important de favoriser la création d’entreprises par les personnes handicapées et de leur faciliter l’accès au microcrédit en développant les actions de proximité, l’accessibilité de l’information et des conditions de crédit adaptées.
 

Les programmes ordinaires de protection sociale doivent couvrir les personnes handicapées tout en soutenant leur retour au travail. Les options politiques consistent à séparer les aides au revenu de celles pour compenser les coûts supplémentaires assumés par les personnes handicapées, coût des déplacements pour aller au travail et du matériel, au moyen de prestations limitées dans le temps, en veillant à ce qu’il soit rentable de travailler.


Recommandations


Même si de nombreux pays ont commencé à prendre des mesures pour améliorer la vie des personnes handicapées, il reste encore beaucoup à faire. Les données présentées dans ce rapport semblent indiquer que nombre des barrières auxquelles les personnes handicapées sont confrontées pourraient être évitées et que l’on peut surmonter les désavantages associés au handicap. Les neuf recommandations qui suivent sont d’ordre général. Elles s’accompagnent de conseils plus spécifiques à la fin de chaque chapitre.

Leur mise en oeuvre suppose l’engagement de plusieurs secteurs, santé, éducation, protection sociale, travail, transports, logement, et de différents intervenants, gouvernements, organisations de la société civile (dont les organisations de personnes handicapées), professionnels, secteur public, les personnes handicapées et leurs familles, grand public, secteur privé et médias.
 

Il est essentiel que les pays adaptent leurs mesures à leur situation spécifique. Lorsqu’ils sont confrontés à des contraintes budgétaires, certaines des actions prioritaires, particulièrement celles qui requièrent une assistance technique et le
renforcement des capacités, peuvent être incluses dans le cadre de la coopération internationale.
 

Recommandation 1 : Permettre l’accès à tous les systèmes et services ordinaires
 

Les personnes handicapées ont des besoins ordinaires, santé et bien-être, sécurité économique et sociale, acquisition et développement des compétences. Ces besoins peuvent et doivent être satisfaits au moyen des programmes et services ordinaires. La prise en compte du handicap dans l’ensemble des services et programmes ordinaires est le processus par lequel les gouvernements et les autres parties prenantes lèvent les obstacles qui les empêchent de participer à égalité avec les autres à toute activité ou service destiné au grand public, comme l’éducation, la santé, l’emploi et les services sociaux. Pour y parvenir, des modifications de la législation, des politiques, des institutions et des environnements peuvent être indiquées. En plus de répondre aux droits humains des personnes handicapées, l’inclusion peut aussi s’avérer plus efficiente et économique.
 

La prise en compte du handicap impose un engagement à tous les niveaux : elle doit être envisagée dans tous les secteurs et être incluse dans la législation, les politiques, les stratégies et les plans, nouveaux ou qui existent déjà. L’adoption de concepts universels et la mise en place d’aménagements raisonnables sont deux stratégies importantes. Cette inclusion suppose aussi une planification efficace, des ressources humaines et des investissements financiers suffisants, le tout s’accompagnant de mesures spécifiques comme des programmes et services ciblés (voir la deuxième recommandation) pour veiller à ce que les besoins des personnes handicapées soient correctement satisfaits.


Recommandation 2 : Investir dans des programmes et services spécifiques pour les personnes handicapées

En plus des services ordinaires, certaines personnes handicapées pourront avoir besoin d’un accès à des mesures spécifiques, réadaptation, services de soutien ou formation par exemple. La réadaptation, avec les aides techniques et autres technologies, comme les fauteuils roulants ou les aides auditives, améliore le fonctionnement et l’indépendance. Une gamme de services de soutien et d’assistance bien réglementés dans la communauté peut satisfaire les besoins de soins et permettre à ces personnes de vivre de manière indépendante et de participer à la vie économique, sociale et culturelle de leur communauté. La réadaptation et la formation professionnelle peuvent leur ouvrir des opportunités sur le marché du travail.
 

S’il doit y avoir davantage de services, il y a aussi besoin de services de meilleure qualité, multidisciplinaires, plus accessibles, plus flexibles, mieux intégrés et bien coordonnés, en particulier dans les moments de transition, comme lors du passage des services à l’enfance à ceux pour adultes. Il faut examiner les programmes et services existants pour évaluer leurs performances et apporter des changements pour améliorer leur couverture, leur efficacité et leur efficience. Ces changements doivent se fonder sur des bases factuelles solides, être adaptés à la culture et aux contextes locaux et testés à ce niveau.

Recommandation 3 : Adopter une stratégie nationale et un plan d’action sur le handicap

Une stratégie nationale sur le droit des personnes handicapées énonce une vision consolidée et globale sur le long terme pour améliorer le bien-être des personnes handicapées et elle doit couvrir à la fois la politique générale et les programmes et services spécifiques pour les personnes handicapées. L’élaboration, la mise en oeuvre et le suivi de la stratégie nationale doivent réunir l’ensemble des secteurs et des parties prenantes. Le plan d’action opérationnalise la stratégie à court et à moyen terme en établissant des mesures concrètes et des délais de mise en oeuvre, en définissant des objectifs, en désignant les institutions responsables, ainsi qu’en planifiant et en affectant les ressources nécessaires. La stratégie et le plan d’action doivent se baser sur l’analyse de la situation et prendre en compte certains facteurs, comme la prévalence du handicap, les besoins en services, la situation sociale et économique, l’efficacité et les lacunes des services actuels, les barrières sociales et environnementales. Il faut prendre des dispositions pour établir clairement l’attribution des responsabilités pour la coordination, la prise de décision, le suivi régulier, les rapports et le contrôle des ressources.

Recommandation 4 : Impliquer les personnes handicapées
 

Les personnes handicapées ont une compréhension unique de leur handicap et de leur situation. Pour élaborer et mettre en oeuvre la politique, la législation et les services, il faut les consulter et assurer leur participation active au processus. Les organisations de personnes handicapées pourront avoir besoin d’un renforcement de leurs capacités et d’un appui afin qu’elles puissent mieux soutenir l’émancipation de leurs membres et défendre leurs intérêts. Les personnes handicapées ont le droit d’avoir le contrôle total de leur vie et doivent donc être consultées sur les questions qui les concernent directement, qu’il s’agisse de santé, d’éducation, de réadaptation ou de vie dans la communauté. Un soutien à la prise de décision pourra parfois être nécessaire pour permettre à certains de communiquer leurs besoins et leurs choix.

Recommandation 5 : Développer les ressources humaines

Les moyens humains peuvent être améliorés par une éducation, des formations et un recrutement efficaces. Un examen des connaissances et compétences du personnel dans les domaines concernés peut être le point de départ pour l’élaboration de mesures adaptées en vue d’une amélioration. Une formation adéquate sur le handicap, intégrant les principes des droits de l’homme, doit être incluse dans les programmes actuels de formation et les procédures d’agrément. La formation continue doit être assurée pour les praticiens en place qui fournissent et gèrent les services.

Par exemple, le fait de renforcer les capacités des agents de soins de santé primaires et d’assurer la disponibilité de personnels spécialisés quand cela est nécessaire contribue à dispenser aux personnes handicapées des soins efficaces et abordables. Dans de nombreux pays, il y a trop peu de personnel travaillant dans certains domaines comme la réadaptation ou l’éducation spécialisée. La mise au point de normes pour la formation des différents types et niveaux de personnels peut aider à combler les lacunes. Dans certaines situations et secteurs, des mesures pour fidéliser le personnel peuvent être pertinentes.

Recommandation 6 : Prévoir un financement suffisant et améliorer l’accessibilité économique
 

Il faut un financement suffisant et durable des services publics pour s’assurer qu’ils couvrent bien tous les bénéficiaires ciblés et que les prestations soient de bonne qualité. La sous-traitance des services, l’établissement de partenariats publics-privés et la dévolution de budgets aux personnes handicapées afin de leur donner le contrôle sur leurs soins, peuvent contribuer à une amélioration de la prestation des services. Au cours de l’élaboration de la stratégie nationale et des plans d’actions qui en découlent, l’accessibilité économique et la pérennisation des mesures proposées doivent être prises en compte et suffisamment financées. Pour améliorer l’accessibilité économique des biens et services destinés aux personnes handicapées et pour compenser les dépenses supplémentaires associées au handicap, il faudrait envisager d’étendre la couverture de l’assurance maladie et des assurances sociales, en veillant à ce que les personnes handicapées démunies et vulnérables bénéficient de programmes de protection ciblés sur la pauvreté, et d’instaurer des exonérations de frais, des réductions tarifaires pour les moyens de transport et des diminutions des taxes et droits à l’importation de produits médicaux durables et systèmes d’aide techniques.

Recommandation 7 : Sensibiliser le grand public et lui faire mieux comprendre le handicap
 

Le respect et la compréhension mutuels contribuent à l’instauration d’une société inclusive. Il est donc crucial d’améliorer la compréhension du handicap par le grand public, de lutter contre les perceptions négatives et de représenter le handicap justement. La collecte de l’information sur les connaissances, les croyances et les attitudes envers le handicap peut aider à identifier les difficultés de compréhension du grand public que l’on pourra surmonter au moyen de l’éducation et de l’information. Les gouvernements, les organisations de bénévoles et les associations de professionnels devraient envisager de mener des campagnes de marketing social pour modifier les attitudes vis-à-vis de certains problèmes à l’origine de stigmatisations, comme le VIH, les troubles mentaux ou la lèpre. La participation des médias est indispensable pour le succès de ces campagnes et pour diffuser des exemples positifs présentant des personnes handicapées et leurs familles.

Recommandation 8 : Améliorer la collecte des données sur le handicap

Il faut mettre au point sur le plan international des méthodologies de collecte des données sur les personnes handicapées, les tester dans différentes cultures et les appliquer systématiquement. Les données doivent être standardisées et comparables au niveau international pour obtenir des points de référence et suivre les progrès des politiques concernant le handicap et l’application de la CRDPH au niveau national comme international.
 

Sur le plan national, le handicap doit être inclus dans la collecte des données. Des définitions uniformes, fondées sur la CIF, peuvent permettre d’obtenir des données comparables sur le plan international. Dans un premier temps, on peut recueillir les données des recensements nationaux en appliquant les recommandations du Groupe de Washington des Nations Unies sur le handicap et de la Commission de Statistique des Nations Unies. Une approche rentable et efficace consiste à inclure des questions sur le handicap, ou un module sur le handicap, dans les enquêtes existantes. Il faut également ventiler les données en fonction des caractéristiques démographiques pour dévoiler les grandes lignes, les tendances et les informations sur certains sous-groupes de personnes handicapées.
 

Des enquêtes consacrées au handicap peuvent aussi donner des informations plus complètes sur les caractéristiques du handicap, telles que la prévalence, les problèmes de santé qui y sont associés, l’utilisation et les besoins de services, la qualité de vie et les opportunités, ainsi que les discriminations.

Recommandation 9 : Renforcer et soutenir la recherche sur le handicap
 

La recherche est essentielle pour améliorer la compréhension des problèmes liés au handicap par le grand public, orienter les politiques et les programmes et allouer efficacement les ressources. Le rapport recommande des domaines pour la recherche sur le handicap, dont l’impact des facteurs environnementaux (politique, environnement physique, attitudes) et les moyens de mesurer cet impact ; la qualité de vie et le bien être des personnes handicapées ; ce qui marche pour surmonter les barrières dans diverses situations ; l’efficacité et les résultats des services et programmes destinés aux personnes handicapées.
 

Il faut développer un nombre suffisant de chercheurs formés sur le handicap. Les compétences doivent être renforcées dans un certain nombre de disciplines, comme l’épidémiologie, les études sur le handicap, la santé, la réadaptation, l’éducation, l’économie, la sociologie et les politiques publiques. Le développement de connaissances et les possibilités de recherche au niveau international, en associant les universités des pays en développement à celles des pays à revenu intermédiaire ou élevé, peuvent aussi être utiles.

flecheretour.gifRapport Mondial sur le handicap 2011

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Date de dernière mise à jour : Vendredi 06 Janvier 2012

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